Interview avec Marcellin Gandonou de Sènakpon group

- Btech News
- 25 Mar, 2025
La communauté internationale célèbre, aujourd’hui mardi 25 Mars 2025 la journée mondiale de la procrastination. Peu connue, négligée ou mal appréciée, cette pathologie n’en demeure pas moins une source d’insuccès ou de divers revers surtout au sein de la couche juvénile en Afrique. En vue de mieux appréhender la procrastination, notre rédaction s’est approchée du coach, auteur, conférencier international et DG de SENAKPON GROUP, Marcellin S. Gandonou. A travers ses explications, on comprend mieux ce mal, on sait que des gens en souffrent dans nos sociétés et surtout qu’il y a des professionnels aguerris qui développent des outils efficaces pour les traiter.
L’investisseur : Comment peut-on présenter SENAKPON
COACHING TRAINING ?
Marcellin S. Gandonou :
SENAKPON COACHING & TRAINING est un cabinet dédié à l’accompagnement des
entreprises et organisations, des professionnels, des entrepreneurs et des
États à travers des formations et du coaching sur mesure. Il intervient dans
toute l’Afrique francophone avec une représentation en Suisse. SENAKPON GROUP a
pour mission d’informer, former et coacher une nouvelle génération de managers,
d’entrepreneurs et de leaders africains dans une approche orientée valeurs
endogènes pour mieux faire le travail de développement.
« C’est en s’appuyant sur les racines de
l’arbre que l’on grimpe jusqu’à ses fruits » Proverbe béninois.
Ce jour mardi 25 mars on célèbre la journée mondiale de la
procrastination ? Comment peut-on comprendre la procrastination ?
Remettre toujours à plus
tard ou encore repousser jusqu’à demain, fait allusion ou est perçu comme une
faiblesse qui empêche l’homme de saisir les opportunités de la vie ou de
toujours faire ce qu’il a à faire plus tard.
Je dirai donc que la
procrastination est une tendance à différer des actions essentielles, malgré la
conscience des conséquences négatives potentielles. Elle est souvent liée à la paresse, à la peur
de l’échec, au perfectionnisme ou à un manque de discipline et de motivation.
Parfois on espère aussi que les choses s’améliorent d’elles-mêmes ou on se
remet à la providence. C’est ainsi que des opportunités peuvent nous échapper.
Pour illustrer cette
notion d’une manière plus pertinente, un proverbe béninois dit : « Celui qui attend que l’eau du marigot soit
claire avant de traverser, risque d’y passer la nuit ».
En
bref, j’associe la procrastination à la négligence des opportunités ou à un
retard dans l’accomplissement de certaines tâches ce qui constitue un obstacle
au développement personnel et professionnel. Pour y remédier, une prise en
charge, une prise de conscience et des actions concrètes permettent de la combattre.
Quelles peuvent être les causes de la procrastination ?
Les causes de la
procrastination sont multiples et peuvent inclure :
· La
paresse, le fait de compter sur les autres ou sur la providence.
· Le
manque d’ambition ou le contentement par rapport au peu qu’on possède déjà.
· La
peur de l’échec ou du succès.
· Le
perfectionnisme.
· Un
manque de motivation ou d’intérêt pour la tâche.
· Des
difficultés organisationnelles ou de gestion du temps.
· Des
distractions.
· Le
fait de penser qu’on fait les choses pour les autres.
· Et
surtout un manque de clarification de sa vision et d’un plan d’actions
efficace.
Selon une étude menée en France en 2022, des personnes remettent
un travail à demain quand la récompense n’est pas immédiate. La procrastination
peut-elle être une des causes de la faillite des micros et petites entreprises
en Afrique ?
Effectivement, un
chef d’entreprise ou un entrepreneur qui procrastine sans cesse, compromet la
survie de son entreprise. Les opportunités, c’est comme un train, il
faut grimper quand il passe. Un proverbe africain dit : « celui
qui attend que le vent soit favorable pour semer, ne récoltera jamais ». Il
faut faire les choses quand elles doivent être faites.
Je voudrais quand-même
mettre quelques bémols. Ce ne sont pas non plus toutes les opportunités qui
sont bonnes à saisir. Parfois, il peut être plus salutaire
d’attendre, de refuser et de remettre à plus tard pour mieux se préparer ou de
laisser passer ce qui semble être une bonne affaire ou opportunité aujourd’hui
mais qui peut se révéler toxique demain. Quand vous n’êtes pas non plus
prêt et en avez conscience, vous devez continuer par vous former, apprendre,
développer votre état d’esprit, structurer votre business, et être prêt à
affronter les défis d’une taille donnée. Sinon, les premiers succès vont vous
blaser et vous donneront le sentiment que ce n’était pas aussi difficile que
cela paraissait. Il est facile d’arriver au sommet, mais le défi c’est d’y
demeurer. Réussir une première vente, n’est pas très difficile mais vendre de
façon durable tout en innovant et durer sur le marché, voilà le plus gros
challenge.
Trop d’initiatives
échouent par défaut de plan d’actions concret pertinent à exécuter de la bonne
manière et avec les bonnes ressources au bon moment.
Vous êtes auteur de plusieurs ouvrages. Quels sont dans lesquels
vous avez abordé la procrastination ou des sujets connexes ?
Dans mon ouvrage “Des
proverbes africains au leadership et développement personnel” j’explore comment
la sagesse africaine peut inspirer la gestion du temps, la discipline
personnelle et la prise de décision efficace, des éléments essentiels pour
contrer la procrastination.
Dans le tout dernier
« INFLUENCER SON DESTIN » j’ai également parlé de la peur de prendre
certaines décisions cruciales qui nous font tellement peur et nous amènent à
procrastiner.
Avez-vous déjà eu des clients qui ont développé la
procrastination ?
Oui, bien sûr. Plusieurs
clients confrontés à la procrastination viennent à nous pour se faire
accompagner. Cette attitude est courante, que ce soit sur le plan personnel
comme professionnel et peut être surmontée avec un plan d’action pertinent et
efficace de niveau 6.
Quels outils utilisez-vous pour traiter la procrastination avec
vos clients ?
(Rires) Vous ne vous
attendez quand-même pas que je vous dévoile dans une interview comment nous
procédons. Je vous réponds juste avec un proverbe Sénégalais : « C’est
avec fermeté que le vendeur du tamarin vend son tamarin, sinon les goûteurs
vont tout finir ».
Il faut déjà avoir un
objectif, ensuite un plan et identifier les vampires de temps (les goûteurs
dans le proverbe) et les éliminer. Nous utilisons des approches qui sont le
fruit de recherche de SENAKPON GROUP.
Que peuvent faire les
gouvernants pour aider les jeunes africains à vaincre la procrastination,
sachant que ce phénomène est négligé en Afrique ?
Nous disons souvent lors
de nos formations et à nos clients, qu'on ne peut combattre un ennemi qu’on ne
connaît pas ou qu’on n’a pas pris le temps d’identifier.
Pour aider les jeunes
africains d’une manière concrète, il faut :
•
Prendre d'abord conscience de la
situation et susciter la confiance en soi.
•
Intégrer des programmes de
développement, de clarification d’objectifs ou de vision dans les systèmes de
l’éducation.
•
Promouvoir des initiatives de
mentorat et de coaching pour les jeunes entrepreneurs.
•
Sensibiliser sur l’importance de
la discipline personnelle et de la proactivité.
•
Créer des environnements propices
à l’innovation et à l’entrepreneuriat réduisant ainsi les obstacles qui
favorisent la procrastination.
•
Et enfin créer le mindset et la
volonté de vouloir se faire aider, car un proverbe dit :
« on peut emmener le cheval à la rivière mais on ne peut pas le forcer à
boire »
Avez-vous une préoccupation particulière à aborder ?
On n’a pas besoin de
réinventer la roue et comme le dit Robin Sharma : « Toutes les erreurs ont été déjà
commises, vous n’avez pas besoin de les reprendre ». Les solutions existent pour faire face au défi de la procrastination.
Si nous voulons que nos entreprises et nos États prospèrent durablement pour
les générations actuelles et celles de demain, commençons par changer d’état
d’esprit, comprendre que tout est possible, avoir de la vision et se mettre au
boulot. Les autres n’ont pas deux têtes. Mais au-delà de tout, ne nions pas nos
racines.
Interview réalisée par Nafiou OGOUCHOLA
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